VIRUS & BIODIVERSITÉ:  QUAND L'ARBRE CACHE LA FORÊT

 AVONS NOUS PEUR DU VIRUS ETRANGER OU DU VIRUS DE L'ETRANGER?

La phrase peut-être choquante mais au vu de certaines publications,

En ces temps un peu bousculés, il est important de se poser la question.

depuis quand ou sous quelle forme «l’étranger» peut être un virus?

Il est important de savoir qu’un virus a sa fonctionnalité, celui de mettre en lumière nos vulnérabilités.

Mais nous devons nous rappeler qu’un virus peut-être inoffensif, en dormance jusqu’à ce que les symptômes se déclarent. Ils se déclarent afin de nous montrer des vulnérabilités internes, des dysfonctionnements. Un virus n’attaque pas nos organes internes, il n’attaque que les organes déjà affaiblis.

Pour trouver le bon remède il ne faut pas s’attacher aux symptômes mais à la racine du problème.

Car les symptômes ne sont que des révélateurs des faiblesses.

 Ici, nulle question d’approximation il nous faut plonger dans les abysses de notre conscience pour en déloger la cause et enfin appliquer les bons remèdes.

Et c’est là ou le bât blesse: Ici et là, je vois, j’entends que nous devons détruire le capitalisme.  Notre prise de conscience, une surconsommation effrénée nous incite à adopter des solutions arrangeantes et pratiques : production et consommation locale, défense de la biodiversité.

Pour ma part ces solutions ne sont peut-être pas les plus adaptées? n’ont elles pas un effet placebo? Ne sont-elles pas la forêt qui cache l’arbre? Ces solutions sont-elles le moyen ou la finalité?

C’est ce sur lequel je me suis permise de réfléchir et je vous soumets mes suggestions.

 

N'avons nous pas oublié la chaîne de valeur humaine? et lorsque cet oubli devient trop pesant, nous nous réfugions derrière le paravent de la solidarité qui masque ce que nous ne voulons pas voir.

Aujourd’hui, pour avancer, il nous faudra ôter ce paravent, pour voir ce qui se cache derrièrere

Ce n’est qu’à ce prix que nous nous rendrons compte que pour certains continents, le virus est une double peine.

Un virus installé et subi depuis plusieurs décennies dans l’indifférence et la complaisance générale.

De même, nous souhaitons modifier nos habitudes mais nous continuons à céder aux chants des sirènes de certains commerces qui perpétuent le même système avec notre aval, notre complaisance, ou notre manque de discernement.

Le marketing ambiant et ses publicités racoleuses se succèdent: Après les produits équitables, puis bio, voilà qu'ils surfent à profusion sur les produits locaux. 

Nos aspirations deviennent à cet effet des nouvelles niches commerciales.

 

Aujourd’hui, les pesticides reviennent en force, ONF se privatise, les plastiques dans supermarchés reviennent en force pour lutter contre la propagation du virus et ce n’est qu’un début.

 Alors la question à se poser est :Avons nous identifié les vrais ennemis? Intérieurs comme extérieurs?

Pour combattre et s’opposer à ce qui nous restreint, il faut connaitre les rouages et mécanismes des détracteurs?

 Chacun de nos choix conditionne des situations, les favorisent, les privilégie, les accentue. L’enchevêtrement des relations politiques, commerciales et géopolitiques est trop dense pour que nous l’ignorions.

Il est donc important de porter notre regard au delà de l’Hexagone et qu’il ne se confine pas à notre microcosme national.

 

Changer de modèle économique ne sera pas suffisant, il nous faudra changer le modèle des échanges commerciaux.

 

A T-ON PEUR DU VIRUS  ETRANGER OU DU VIRUS DE  l’ETRANGER?

 

La question mérite d’être posée au moment même ou chacun entonne d’une même voix, dans le contexte du corona virus, les thèmes de la consommation locale, de la production locale, signes précurseurs d’un repli sur soi. Bien sûr, on parlera alors de production et consommation locale (on y reviendra), on dira qu’il ne s’agit pas de cela, que ce terme ne s’applique qu’à notre économie, qu’établir ce parallélisme est un raccourci mais concrètement, cela risque d’être une déviance si nous n’y prêtons pas garde.

Notre réflexe est légitime mais je pense que ce repli sur soi aujourd’hui nécessaire risque, si nous l’adoptons comme nouveau curseur sans voir au-delà, de nous empêcher de voir plus loin et de nous impliquer de façon responsable pour un changement global.  

Je propose alors de se servir de cette nouvelle orientation non pas comme un repli sur soi mais comme un moyen de lévier pour nous mais également pour les autres pays.

Dans un premier temps, je constate sans surprise que ce virus venant de «l'étranger» ravive chez certains un racisme autrefois dilué dans la bienséance.

Bref, dans ce contexte, force est de constater que certains se lâchent, crachent leur haine sous-jacente et des mots comme «sauvages» «lie de la société» etc foisonnent et sont déversés sur les réseaux.

 

Aujourd’hui, Nous sommes confrontés à ce virus qui va remettre en question nos moindres fondements. Il est tonitruant, ce virus qui vient de l’Etranger, il est visible et déstabilisant parce qu’il met en lumière ce que nous avons au fond de nous, ces émotions fortes qui trouvent un exutoire : la peur, l’angoisse, la colère, la remise en question, le désordre, la confusion, la révolte.

Mais il dévoile aussi ce que nous ne souhaitons pas voir ou que nous n'avons pu déceler auparavant.

Ce virus est d’autant plus déstabilisant qu’il nous oblige à changer de trajectoire.

Qui sait? pour nous remettre dans le droit chemin?

Ce virus qui vient de l’Etranger fait des victimes immédiates et pour ma part, j'ai décidé de voir ce virus comme une sorte d’ observatoire de la compréhension humaine, et de notre mode de fonctionnement.

Dans le laboratoire de nos expériences passées, à la lumière de ce virus, j'ai l'impression qu'une fois de plus, nous tentons de traiter les symptômes et non les causes du virus.

Au terme de cette crise sanitaire, nous ne serons victimes que si nous laissons la peur parachever son emprise sur nous au point de nous tétaniser, nous scléroser, nous faire baisser les armes et de nous amener à un repli sur soi..

Si nous devons changer de trajectoire, ne prenons pas de raccourcis. Cela serait une perte de temps et d'opportunités que les crises nous offrent de changer ce que nous devons changer.

Mais que devons nous changer? je me suis demandé si nous ne devions pas rétablir un équilibre rompu depuis bien longtemps, un juste équilibre entre l'ouverture à l'autre et le repli sur soi?

Et si notre ouverture à l’autre s’exprimait autrement?

Ce n’est qu’en sortie de crise que nous serons, selon nos agissements, victimes, acteurs ou encore simples observateurs.

Nous serons testés à l’aune de nos propres valeurs mais aussi de notre tolérance et de ce que nous aura enseigné nos erreurs.

Cela suppose de rentrer dans l’oeil du cyclone.

Dans ces moments de perte de repères, et de déconditionnements, il nous incombe alors de redéfinir nos priorités. Et force est de constater que se profilent des prises de conscience, des propositions, des solutions envisageables.

Préservation de l’environnement et de la biodiversité, production locale, consommation locale, et changement de modèle économique en font partie.(1)

 

VIRUS ET  CONTINENT AFRICAIN, LA DOUBLE PEINE !

A l’heure d'aujourd’hui, l’Afrique semble avoir été épargnée par ce virus. Et pour ma part, j’espère qu’il en restera ainsi sinon, je déplore alors que l’Afrique subisse ce que j’appelle la double peine.

Car voilà plusieurs décennies que l’Afrique et l’Amérique latine subisse un virus bien plus virulent que le coronavirus.

Ce virus là est invisible pour nous. Pourtant, ils provoquent les mêmes émotions, la colère, la frustration, le désordre. Ils attaquent les poumons des sociétés, des villages, des forêts. Ce virus là rend une société exsangue, les anémie, les empêche de respirer.  

Ce virus-la confine les populations du sud dans un cercle vicieux, sans qu’ils aient la possibilité d’en sortir.

Pour ce genre de virus, les seuls remèdes octroyés furent des placebos administrés à haute dose.

Ce virus infecte et tue des millions de personnes dans l’indifférence générale.

Leur confinement devenu la norme ne nous a pas ému plus que de raison. Confinement économique oblige.

Ce virus là est invisible car les rouages s'entremêlent entre la politique, l'économie, les faux semblants et la solidarité. 

Il est invisible car nul embargo décidé, nulle mise au ban de l'économie, bien au contraire.

Le problème est la normalité, ne lit-on pas partout, n’est ce pas?

Ce virus a imprégné subrepticement tous les organes internes d’un pays, l’ont affaibli, nécrosé.

Vous en doutez: une équation peut vous mettre sur la voie:

 comment est-il possible que l’Afrique étant le continent le plus riche naturellement soit le plus pauvre économiquement et résolvez l’équation. Car, si l’économie d’un pays résulte, en simplifiant, de l’échange, de la circulation de marchandises, de la monnaie, la conclusion s’impose.

La consommation répond à des besoins essentiels, la surconsommation répond au besoin de confort que les grosses firmes se sont empressées de marchander, de marketer, de négocier.

Notre surconsommation a donné un pouvoir incommensurable aux multinationales(2), mais  notre indifférence a confiné ces pays à l’isolement économique depuis bon nombre d’années.

Surveillés par les gendarmes du FMI(), de la banque mondiale, contrôlés par les accords internationaux, traités européens, accords bilatéraux et autres organismes voyous, soumis à des réglementations liberticides depuis des années, rationnés grâce à une concurrence déloyale, spoliés grâce à la déstabilisation de leurs filières agricoles et à l'accaparement de leurs terres bref, le virus qui les a infecté depuis de nombreuses années a fait de nombreuses victimes pour notre plus grand plaisir (de consommation).

Et oui, il a bien fallut fermer les yeux, ne pas entendre et ne pas voir pour bénéficier de produits moins chers et répondant à notre «toujours plus». 

Mais Il ne s’agit pas uniquement de surconsommation car cette dernière n’est que la partie émergée de l’iceberg.

 Vous voulez en savoir plus                    https://youtu.be/JAYVKyGHm2c

 

LORSQUE LA BIODIVERSITÉ DEVIENT L'ARBRE QUI CACHE LA FORET

 

Aujourd’hui, nous reconnaissons et admettons que nous avons eu les yeux plus gros que le ventre, nous en avons voulu toujours plus, toujours plus à moindre coût, toujours plus mais indifférents aux conditions de production, aux retombées sur l’environnement.

Aujourd’hui, cette surconsommation se reflète dans l’environnement. Détérioration, appauvrissement des sols, industrialisation des forêts, déforestation, mer surchargée de déchets, effet de serre, destruction des écosystèmes, plantes et animaux en voie d’extinction, la liste serait trop longue et certainement non exhaustive.

La préservation de la biodiversité, l'environnement fut le premier argument pour que changions nos modes de consommation,  mais je pense qu'on a oublié un autre élément central qui devrait nous motiver. La forêt n’a t’elle pas cacher l’humain et oublier la chaîne de valeur humaine?

L'environnement est mis en avant,  occupe tous les esprits, devient la primeur (sans jeu de mots) et oriente nos désirs de changements? Bien sûr, les plantes assurent notre essentiel (notre alimentation, notre santé, notre bien-être etc) donc oui nous nous devons de préserver la biodiversité et l'environnement.....

Consommer localement, produire localement, organiser des filières locales sont un premier pas pour peser sur le cours de l'environnement. Alors bien sûr, il s’agit de s’organiser après la crise, alors bien sûr il s’agit aussi de préserver la biodiversité....

Et à mon niveau, j’ y participe avec plaisir car les plantes, la nature sont essentielles à mon équilibre: décliner les bienfaits des plantes, mettre en avant les initiatives que je trouve encourageantes ou celles que je trouve répréhensibles.()

 Mais au fil de mes articles sur la biodiversité, sur les plantes, les semences, une impression  évanescente m’a assailli sans que je puisse l’identifier de suite. Il y avait un chaînon manquant.

Un indice?

Lorsque nous avons milité contre l’huile de palme, nous l’avons fait pour dénoncer la nocivité de cet ingrédient, contre la déforestation massive, et aussi contre le massacre des orangs-outans, en résumé, nous l’avons fait pour notre santé, pour la biodiversité et pour la défense animale.

J’ai parcouru de nombreux articles concernant l’huile de palme relayés à profusion mais peu ont mis au premier plan l’exploitation des travailleurs, du travail forcé des ouvriers et des enfants.

L’autre à l’autre bout du monde est l’oublié, l’invisible, l’accessoire, le corvéable à merci et apparaît au bout de la chaîne, et encore quand il apparaît!

Il m’est apparu clairement que la biodiversité était devenue la valeur absolue et que La forêt cachait l’humain.

L'environnement, est important parce qu'il conditionne notre milieu de vie mais l'important n'est-il pas l'être humain?

Cet exemple n’est pas un cas isolé.

On aime à détailler la chaîne de valeur d’un produit mais on a oblitéré la chaîne de valeur humaine devenue Accessoire! 

https://www.amnesty.fr/responsabilite-des-entreprises/actualites/huile-de-palme-travail-des-enfants-et-travail-force

 

 Lorsque WWF met en péril les populations autochtones au nom de la préservation de la biodiversité, n’avons nous pas oublié le plus important?

Au fil de mes lectures, des publications sur le thème de la biodiversité, cet élément absent, invisible devenait de plus  apparent, malgré leur flagrant anonymat.

La défense de la biodiversité est alors devenue «l’arbre qui cachait» la forêt, si je puis m’exprimer ainsi, à a savoir LES ÊTRES HUMAINS DE L’AUTRE CÔTE DU GLOBE, ceux dont les voix ne parvenaient pas jusqu’à nos oreilles, ceux dont les voix auraient écorné notre porte-monnaie et notre conscience.

Certes la biodiversité est primordiale, nous en avons besoin pour vivre, survivre, elle assure l’essentiel de nos besoins.

N'y a t-il pas une différence entre avoir l'essentiel et être l'essentiel?

 Mais est ce que notre plaidoyer pour la biodiversité ne nous masque pas l’essentiel?

Oui, j'avoue qu'il est plus confortable pour nous de défendre la biodiversité que de regarder en face le fait que nous avons souvent détourné les yeux sur le plus important: l’être humain de l’autre côté du globe, de l’autre côté de la chaine de valeur, qui travaillait pour répondre à nos besoins dans des conditions misérables.

Mais aujourd'hui, il est important d’évoquer la servitude à l’autre bout du globe.

Je lis partout que la crise écologique a crée la crise sanitaire mais avons nous remonté assez loin dans l’origine de la crise écologique?

Alors bien sûr, la surconsommation est incontestablement le point de départ, mais est-ce seulement de cela qu'il s'agit? 

Bien sûr, nous pouvons condamner la publicité, le marketing agressif, les manipulations et autres des multinationales qui ont attisé notre désir de possession?

Mais le mal n'aurait-il pas été moindre si en parallèle nous n'avions pas anesthésié notre sens de l’humain? Le mal n'aurait-il pas été moindre si, à mesure qu’augmentait notre désir de confort nous n'avions pas oublié notre conscience? augmenté notre Indifférence à la souffrance de l'autre?

 Car comment parler de conscience lorsque nous savourons notre chocolat alors que des enfants travaillent et ramassent le cacao pour assouvir notre gourmandise.

Rappelons nous qu’auparavant, le chocolat était un produit de luxe.

Sonder sa conscience, c’est se demander si nous avons évité d’agir ou de réagir par ignorance? Indifférence? Désintérêt? Complaisance?

Je pense que faire l’impasse sur cette lacune, ne nous permettra pas d’envisager l’avenir dépollué de ses tentations qui se représenteront inéluctablement sous une nouvelle forme.

Qu’importe que les banques spéculaient sur les produits d’ailleurs de l’autre côté du globe, qu’importe que le chocolat que nous consommions était la résultante de déforestation de forêts protégées, qu’importe l’esclavage forcé et d’enfants encore plus, qu’importe que les éléments de nos smartphones derniers cris soient ramassés par des enfants africains au mépris de leur santé, que ces derniers soient assemblés par des enfants chinois.

 L’essentiel fut nos besoins et qu’importe que les agences de» tourisme solidaire» s’enrichissent de façon éhontée sur le dos de quelques locaux  «bienheureux d’être payé en monnaie de singe» ou ramassant quelques miettes en monnaie locale? Qu’importe, c’est de la solidarité! qu’importe que des commerces prospère grâce à l’exploitation de produits d’Amazonie, sous prétexte d’être en relation avec des indiens, c’est du commerce équitable....

Pourvu que nous nous enrichissions sur le dos des pauvres hères en nous drapant dans de la solidarité, de l'équitable, du responsable. Ici, il s'agit de solidarité sous fonds d'échanges commerciaux inégaux.

La sémantique ne manque pas pour voiler notre désespérante complaisance:

Solidaire, responsable, équitable, des écrans de fumée pour ne pas mettre sur la table ce qui devrait s‘imposer le plus simplement,  le plus humainement possible: LA JUSTICE ECONOMIQUE

Combien de termes «solidaire»  apparentés à de la charité ont agrémenté les produits, les services pour nous donner l’impression d’agir et de consommer en se souciant de l’autre. Un paravent!

 

BIODIVERSITE VS DIVERSITE HUMAINE

J’entends ici et là, d’agir afin de préserver la biodiversité.

Qu’en est-il de la diversité humaine? l’a t on préservé? Ou l’a t-on uniformisé afin qu’elle réponde à nos besoins immédiats et souvent futiles? Un des exemples les plus probants reste pour moi, le tourisme:

 Lorsque nous sortons de nos frontières, excepté les paysages, ne retrouvons nous pas notre confort matériel, nos réflexes, notre nourriture ?

 Car oui, nous exportons nos modes de vie afin que nous nous sentions toujours chez nous, quelque soit l’endroit où nous allons. Tourisme() et dépaysement ok mais sous conditions. Tourisme et voyage sont deux conceptions mises dos à dos.

Uniformisation des cultures ou mise en scène de folklore pour nous donner l’illusion d’avoir voyagé? Peut-être aussi nous faudrait-il redéfinir le voyage et le tourisme. Le voyage est le fait d’aller vers l’autre, d’aller à la découverte de l’autre, de sa connaissance, ses habitudes culinaires, sa vie, ses valeurs....Nous en avons oublié l’essence. Le tourisme est la mise en scène de l'autre, de ses habitudes, de son mode de vie pour satisfaire notre illusion de l'ailleurs.

 Aujourd’hui, je pense que n’importe où dans le monde, les autochtones en savent plus sur nous, que nous sur eux en ayant «voyagé» dans leur pays. Cherchons l’erreur.

Ajustons donc notre regard afin d’avoir une vision panoramique. Chacun de nos choix conditionne des situations, les favorisent, les privilégie, les accentue tel l’effet papillon. L’enchevêtrement des relations politiques, commerciales et géopolitiques est trop dense pour que nous l’ignorions.

 

ENNEMIS INTÉRIEURS ET ENNEMIS EXTÉRIEURS

De l’autre côté du globe, il a bien fallut accepter ce confinement économique, ces miettes généreusement concédées par l’Europe, il a bien fallut accepter ces compromissions, ces conditions misérables pour glaner quelques sous et avoir de quoi se nourrir, répondre à des besoins essentiels, tandis que nos besoins de confort allaient en s’accroissant.

Peut-on se targuer que nos besoins de plus de confort ont répondu à leurs besoins essentiels? 

Bien sûr, nous pourrions aisément nous retrancher derrière cette affirmation. Mais nous savons que cette affirmation prend tout son sens lorsque la justice économique n'apparait pas dans l'équation.

Les pays du sud, confinés à répondre aux besoins des européens et sous-payés (quelle chance pour nous  que les monnaies locales dévalorisées par le FMI et la banque mondiale permettent aux commerces et autres de les payer en monnaie locale ce qui a bien fait nos affaires, reconnaissons le! ( pour rappel, 5000 unités de la monnaie africaine  vaut 1 unité de notre monnaie ). Est-ce équitable dans nos échanges?

 

Sous-payés pour leurs productions, en effet il serait impensable que l'Afrique vende ses ressources au prix du marché  cela risquerait de trop déstabiliser les économies occidentales.

Quelle catastrophe s’il avait fallu les payer de façon juste et en une juste rétribution de leur travail.... Qui aujourd’hui aurait l’outrecuidance d’exiger d’être payé plus justement?

On aime à nous faire croire que l’Afrique ne survit que grâce à notre charité, raison pour laquelle je souhaite remettre les choses en perspectives.

Car pour déconstruire un mécanisme, il faut connaitre les engrenages.

Pour cela, j'aime à dire qu'il est impératif de décoloniser les esprits, embourbés dans des fausses allégations et croyances savamment maintenues. 

L'Afrique est pauvre dit-on, il faut les aider, dit-on:

ONG ET CIE perpétue consciemment et quelquefois inconsciemment cette image d'épinal.

En quelque sorte, cela nous rassure alors que dans l'ombre, le pillage de l’Afrique continue..

JACQUES CHIRAC  lui-même l'a reconnu. Je cite" une grande partie de l’argent dans nos banques est issue de l’exploitation du continent africain".

Comprenons bien que nous ne voyons que ce que l'on nous autorise à voir, c'est la partie émergée de l'iceberg. Et pour cela, il faut des garants, ce que joue à la perfection , ONG ET ASSOCIATIONS, mais j'y reviendrais plus en détail.

Car la solidarité nous coûte bien moins cher que la justice économique.

Au lieu de cela, S’en est suivie une relation économique, commerciale, internationale injuste et disproportionnée, acceptée tacitement par nous tous pour notre plus grand confort. Commerce déloyal, inégal et ceci pour notre plus grand bien (de consommation).

Plus nous avons fermé les yeux sur cet état de fait, plus les firmes, multinationales et autres monopoles ont organisé et tissé le destin de ces continents. 

J’avoue que  cela serait plus confortable de ne pas prendre cette responsabilité mais commerce international exige, l’enchevêtrement de nos relations, nos implications, notre responsabilité ne peut se limiter qu’à notre seul pays.

Peut-être si nous avions réclamé la justice économique, Peut-être si nous avions boycotté en conscience et par solidarité humaine et «économique»  les produits, les organismes, banques, marques qui jouaient, dupaient, exploitaient la vie des paysans de l’autre côté de la planète, peut-être ces firmes, ces multinationales, monopoles et autres partenariats déloyaux n’auraient pas eu autant de mainmise sur ces continents?

Peut-être si nous avions attaqué ces firmes au nom de la dignité humaine, au nom de la déclaration des droits de l'homme, peut-être ces détracteurs auraient eu plus de mal à s'organiser en potentats absolus?

Peut être si nous nous étions souciés de l’autre à l’autre bout de la chaîne, peut-être ce commerce international, que dis-je cette guerre économique n’aurait pas eu lieu?.... peut-être si nous avions identifié notre ennemi intérieur, notre complaisance qui a accompagné chacun de nos achats, notre indifférence envers l'autre, alors peut-être que  l’ennemi extérieur ne se serait alors pas engouffré dans nos failles? oui peut-être les Etats africains n’auraient pas eu à se contenter de notre «solidarité» pour la simple raison qu'aurait prévalu la justice économique, la dignité et le respect de l'autre.

Oui, peut-être. 

cela n'a pas été fait, ne nous auto-flagellons pas, mais tirons-en les conclusions afin de changer de trajectoire.

Car aujourd’hui, nous le savons, chacun de nos achats servent des intérêts, donc quels intérêts décidons nous de mettre en avant, à qui souhaitons nous donner le pouvoir? Quelle valeur humaine doit diriger nos échanges?

Et si nous pensons que nos actes, notre intégrité n'aurait absolument rien changé aux orientations de ces firmes, alors ne nous voilons plus la face et acceptons que nous n’avons aucun pouvoir sur nos besoins, sur nos choix de consommation, nos modes de production et que nous ne sommes qu’à l’instar de l’Afrique, un maillon d’une chaîne bien rodée. Acceptons alors, qu'exiger  et s'orienter vers la consommation locale, l’autonomie alimentaire est une illusion autant pour nous que pour eux. Acceptons que nous ne sommes que des pions dans un échiquier. 

Mais si nous pensons et œuvrons pour contrecarrer les rouages de ces firmes, reconnaissons alors qu’en acceptant tacitement les termes de ces firmes nous avons scellé aussi le sort des pays du sud.... car bon nombre des matières premières viennent de ces continents.

Pour changer le "monde", il nous faut faire un examen de conscience avec honnêteté et intégrité. Ce ne sera que sur cette base que pourront enfin s'établir une équation plus juste pour l'avenir.

Ces dernières (firmes, lobbies, multinationales etc) n’ont fait que répondre, que dis-je, créer nos attentes en utilisant nos propres faiblesses, notre complaisance envers l’injustice, nous a enserré en attaquant chacun de nos propres organes internes maintenant:  agriculture, politique, économie etc.

Tout comme nous avons profité des failles des continents et pays «pauvres» pour assouvir nos besoins, ces multinationales et autres pandémoniums ont exploité notre faille pour s’étendre tel un hydre tentaculaire.

 Oui, en fermant les yeux, nous condamnions ces continents à un confinement bien orchestré qui par la suite se sont attaqués à nous.

Peut-être, nous faudrait-il ’ajuster nos actions, nos façons de penser, notre image de l’autre?

Même s'il est plus aisé pour notre conscience de militer pour la biodiversité que de militer pour la justice, pour des relations commerciales équitables surtout lorsque l’inique ne nous éclabousse pas directement et que nous pouvons en tirer profit. Nous en aurions perdu notre confort, nous en aurions perdu nos avantages.

Mais aujourd'hui, nous voila victimes de ces mêmes rouages.

Et plutôt que de voir les racines du problème, nous préférons rester à la surface. 

Car tout commerce effectué sur et grâce à l’exploitation d’un peuple, d’un pays, d’un continent nous pose en situation de profiteurs. Et nous en avons profité plus que de raison!

Raison pour laquelle je pense qu'avant de pointer du doigt les failles de notre système, il est bon de s'attarder sur nos propres failles.

La crise actuelle n'est pas une crise écologique, n'est pas une crise économique. c'est une crise huamine, car c'est à partir de l'humain, de ses agissements, de ses choix, de ses valeurs  que les actions se mettent en place.

Ce virus qui a atteint les continents d’Afrique et d’Amérique latine continue de faire des victimes, victimes collatérales puisqu’au lieu de parler de commerce international, il serait plus juste de dire qu’il s’agit d’une guerre économique.

A part que le rang des victimes collatérales grossissaient de façon exponentielle au fur et à mesure que nos exigences de confort, s’accroissaient.

 Les grandes marques continuaient et continueront ainsi de tirer profit de terribles atteintes aux droits humains tant que nous achèterons ces marques, tant que nous ne nous révolterons pas contre ce système inique. Leurs droits foulés au sabot de plomb est la normale.

Mais nous avons été victimes aussi:

Désinformation, absence d’information, marketing agressif, greenwashing, publicités mensongères (il faut avoir participé au moins une fois à une réunion de consommateurs pour voir à quel point ils adaptent leur slogan aux «demandes» de la population, slogan mensonger mais qui nous rassure.. souvent cela passe, d’autres fois, c’est trop gros pour être crédible... la voix des sirènes

De même, on nous a confisqué le droit de choisir...;

Mais nous avons conservé l’illusion du choix. Aujourd'hui, le voile de cette illusion se déchire et le décor est bien sombre.

Pour  parvenir à maintenir ce voile, tous les moyens les plus pernicieux furent mis en place, on en a même fait un travail à part entière, une vocation: l’art de créer des besoins, l’art d’inciter à acheter. Grace au marketing, les fumées d’écran ont masqué l’essentiel.

 

 

CONSOMMATION  PRODUCTION LOCALE  ET AUTONOMIE ALIMENTAIRE

Aujourd’hui notre pays réclame l’autonomie alimentaire grâce à une production et consommation locale, pour se soustraire également aux géants de l’industrie et de l’agroalimentaire, outils du capitalisme sauvage..

Le capitalisme est plus qu'un système économique, il est un état d'esprit.

Raison pour laquelle, vouloir changer de mode de production exige de modifier notre approche du monde. 

Comme je l'ai démontré plus haut, nous avons favorisé un système appuyé sur la domination, la spoliation, l'exclusion l'appropriation et le pillage.

 

Lors de mes précédents écrits et émissions, (https://www.plantessensetessences.com/securite-alimentaire-et-biodiversitla plupart de mes thèmes s’articulaient autour d’un sujet qui me tenait à coeur puisqu’il est (et aujourd’hui, que nous français le réclamons haut et fort, personne n’en doutera) synonyme de liberté, d’autonomie, d’indépendance et de choix. C’est pourquoi j'accole ces termes à des situations géopolitiques.

 J’insistais en effet sur l’autonomie alimentaire dans les continents d’Afrique et d’Amérique latine. Aujourd’hui, face à la crise du coronavirus, je lis ici et là ce terme revenir comme un leitmotiv. Arme ou réflexe pour parer à la pénurie alimentaire en France, mais également pour reprendre son pouvoir en tant que producteur et de consommateur sans oublier pour sauvegarder l’environnement.

L’autonomie alimentaire n’est pas uniquement l’accès à une quantité suffisante de nourriture, elle est également un concept, une orientation politique, économique et agricole.

 Elle renvoie aux notions de dignité, de justice sociale et de développement durable. Pour ceux et celles qui n’ont pas eu la possibilité d’écouter mon émission: «2020, Année de santé des végétaux», je me permets de remettre un extrait :

En 1777, Arthur Young écrivait;

« il faut être idiot pour ne pas comprendre que les classes populaires doivent être maintenues dans la pauvreté, sans quoi elles ne seront jamais laborieuses»

Pour cela mettre en place une série de lois et de mesures calibrées pour forcer les paysans à se soumettre en détruisant leurs moyens d’autosuffisance traditionnels.

Pourquoi? Parce que les paysans sont trop indépendants et à leurs affaires pour pouvoir être efficacement exploités.

Un marchand du même siècle affirmait:

«la pauvreté est l’ingrédient le plus nécessaire et indispensable de la société. C’est la source de la richesse car sans pauvreté, il ne pourrait y avoir de travail et il ne pourrait donc y avoir de biens, de raffinements, de conforts, de bénéfices pour les riches»

Ici, force est de constater que ce qui est actuellement appliqué au sein du microcosme national, le fut au niveau macrocosmique. Ici, en France, les pauvres ont enrichi les riches et au niveau international, les pays «pauvres» ont enrichi les pays européens.

C’est toujours avec la même dynamique, juste élaborée à plus grande échelle.

 

 Il est donc crucial de réfléchir à toutes les notions qui sous-tendent ces termes de production et de consommation locale, d’autonomie alimentaire et en quoi cette exigence s’intègre dans les droits fondamentaux de chaque individu et d’une collectivité, d’un pays.

En ce sens, nous savons qu’il ne s’agit pas uniquement de production et de consommation locale mais de récupération de notre pouvoir, de souveraineté, de choix, d’innocuité alimentaire, de notre santé etc.

Portons notre regard plus loin:

Etrangement, de l’autre côté du globe, la revendication était la même: produire local, consommer local et organiser des filières intérieures pour écouler leurs produits locaux, assurer leur souveraineté alimentaire, avoir le choix de leur production et du mode de production.

Aujourd’hui, nous réclamons l’autonomie alimentaire et toute décision prise à l’encontre de cette aspiration nous fera sentir pris au piège? détourné de nos objectifs? Instrumentalisé? dépossédé de notre pouvoir? considérés comme étant de simples consommateurs? de simples maillons?

Tout au plus, nous serons alors utilisés pour écouler les produits mis à notre disposition, pour alimenter les filières, équilibrer la balance commerciale, enrichir les firmes.

Aujourd’hui, nous n’acceptons plus d’être de simples acheteurs soumis au marketing agressif et mensonger().

 Et nous avons raison....mais notre conscience doit-elle s'arrêter à notre petit monde ou pouvons nous envisager que de l’autre côté du globe, ces réclamations aussi vieilles que les pyramides d’Egypte parviennent enfin dans nos oreilles?

Voila pourquoi le repli sur soi pourrait nous empêcher de voir ce que nous devons réellement changer.

La production et consommation locale doivent être une étape, un moyen et non une fin en soi, excepté pour instaurer le respect mutuel. La fin est de pouvoir établir des échanges équitables harmonieux et respectueux des êtres humains et de l'environnement.

POUR CHANGER DE MODÈLE, IL FAUT SAVOIR COMMENT CE MODÈLE FONCTIONNE

Aujourd’hui, tout le monde s’accorde pour dire que les systèmes alimentaires peuvent réduire les impacts climatiques et environnementaux et permettre une meilleure résilience, nutrition et souveraineté alimentaire. Peut-être, avons nous oublié qu’une meilleure justice économique permettrait également une meilleure résilience et souveraineté alimentaire également.

 De l’autre côté du continent, ils pratiquaient la résilience jusqu’à ce que qu'on leur impose des orientations agricoles désastreuses  et leurs déclinaisons ( culture de rentes, révolution verte, OGM) dont les résultats actuellement entraînent ce que ces mêmes organismes ( FAO, banque mondiale et FMI, conventions et traités) ont soi-disant tenté d’abolir, à savoir la faim dans le monde.

Aussi  désarmant est-il, les conséquences étaient le but....pour en tirer les meilleurs bénéfices

Nous avons cru que ces organismes œuvraient pour le bien de l'humanité, sans voir que l'appauvrissement de ces continents était LE BUT FINAL

Je sais, cela parait impensable mais si nous en doutons voyons ce qui se passe chez nous et nous saurons.

Cela fut facile  car il a fallut préparer la population, nous convaincre qu’il n’y avait pas assez de nourriture pour tout le monde.

Brandir l’argument de LA FAIM DANS LE MONDE, DE LA SURPOPULATION, sous un fond de pauvreté, de misère, de dettes, était le meilleur ARGUMENT MARKETING jamais autant relayé.

Etrangement, la pauvreté, les dettes la misère était le moyen pour parvenir à leurs fins.

Pourtant, sachons le, cette pauvreté fut mise en place, la dette des pays est un commerce à part entière, une rente rondement menée.

Pour mettre en place la pauvreté, il était alors impératif de spéculer, de détruire les cultures vivrières, de confisquer la souveraineté, de s’approprier les terres, de mettre sous tutelle économique les Etats.

Non, l’argument FAIM DANS LE MONDE a fait son job en véhiculant dans notre imaginaire collectif une Afrique qui doit attirer la pitié et la mendicité, et a agi tel un épouvantail pour nous faire adhérer à des politiques et partenariats infâmes.

Un virus injecté soigneusement, distillé goutte à goutte pour maintenir l’économie, l’orientation d’un pays sous perfusion du FMI , Banque Mondiale, accords européens et Cie.

 Là encore, je vous renvoie à mon podcast "https://soundcloud.com/taillis-fee/en-afrique-laide-alimentaire-et-la-solidarite-se-paie-en-ogm"

Et c'est ce que je vous propose de décrypter afin de mieux s'approprier notre avenir, comprendre l'ADN des multinationales, des conventions et Cie

Enfin, adopter les bons gestes et réflexes afin de ne plus servir les mauvais intérêts.

Proposons alors des axes de réflexion, des bases pour nous affranchir de tout ce qui nous enchaîne. 

En tant que consommateurs, nous aspirons à un certain nombre de caractéristiques pour nos produits ( naturels, bio, équitables etc ) et Pour certains commerçants, notre nouvelle orientation devient  une niche commerciale supplémentaire: Voyons alors comment faire preuve de plus de discernement pour ne pas être de simples acheteurs.

nous aborderons le tourisme , le commerce de la dette, la solidarité , le marketing, le commerce et enfin franchir le Rubicon, faire voler en éclats le plafond de verre. 

" ON NE PEUT CHANGER CE QU'ON IGNORE "

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